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Le secteur mutualiste revendique au Parlement européen un rôle stratégique dans l’avenir de l’Europe

Le Parlement européen a accueilli le 8 septembre dernier la rencontre « Les mutuelles au service des priorités de l’Europe : autonomie stratégique, prospérité et accessibilité », un événement organisé par l’Intergroupe de l’économie sociale et des services d’intérêt général avec Social Economy Europe, l’AIM et l’AMICE, qui a placé au centre des débats le rôle des mutuelles en tant que contributrices à la réalisation des priorités stratégiques de l’UE.

La journée a mis en évidence l’une des caractéristiques qui définissent le mutualisme : sa capacité à combiner activité économique et finalité sociale. Sarah de Heusch, directrice de Social Economy Europe, a souligné lors de l’ouverture que le modèle mutualiste repose sur la mise en commun de ressources afin de faire face collectivement aux risques individuels. Une formule qui, comme elle l’a expliqué, ne se limite pas à protéger les personnes, mais permet également de réinvestir les bénéfices dans les communautés elles-mêmes.

Dans le même sens, le président de l’AIM, Yannick Lucas, a souligné le caractère des mutuelles en tant qu’acteurs sociaux ancrés dans les principes de solidarité et de démocratie. Pour sa part, Grzegorz Buczkowski, président de l’AMICE, a insisté sur la dimension économique du secteur et a défendu l’idée que les mutuelles sont loin de constituer un modèle minoritaire : elles représentent une part importante du marché européen de l’assurance, opèrent dans différents secteurs et apportent une contribution significative à l’activité économique et à l’investissement.

Contributions multiples

La première session de la journée a été consacrée à la contribution des mutuelles à une transition juste et résiliente face au changement climatique, ainsi qu’à leur capacité à orienter les investissements vers la durabilité, la cohésion sociale et la résilience des territoires.

Jessica Carreno Louro, d’Aéma Groupe, a défendu l’idée que le modèle mutualiste est particulièrement bien préparé pour relever ces défis, puisqu’il n’est pas soumis à la pression des actionnaires et peut réinvestir ses ressources.

Un autre grand volet de la rencontre a porté sur la capacité des mutuelles à fournir des services liés aux soins de santé et à la protection sociale. Des représentants du Luxembourg, du Portugal et de l’Italie ont mis en évidence la présence de ces organisations dans les zones rurales et difficiles d’accès, ainsi que leur contribution face à des phénomènes tels que l’augmentation des besoins en matière de soins de longue durée.

Le défi démographique

La transition démographique a également occupé une place importante lors de la journée. Martini Hagiefstratiou, de Solidaris, a souligné la nécessité de dépasser une vision de la démographie centrée exclusivement sur le vieillissement et d’accorder davantage d’attention aux années de vie en bonne santé ainsi qu’à l’accompagnement des personnes à toutes les étapes de leur vie. Dans ce sens, elle a défendu le passage d’un modèle de santé principalement curatif à un autre accordant davantage de poids à la prévention, considérée comme une responsabilité collective.

L’un des messages les plus importants est intervenu lors de la séance de clôture. Maravillas Abadía Jover, coprésidente de l’Intergroupe du Parlement européen, a demandé que les mutuelles cessent d’être considérées uniquement comme des organisations à consulter pour devenir de véritables partenaires dans la prestation de services et la mise en œuvre des priorités européennes.

Dans le même sens, Idoia Mendia a affirmé que les mutuelles « font partie de l’avenir que nous voulons pour l’Europe » et a défendu une transition juste et participative dans laquelle les citoyens et les organisations de l’économie sociale jouent un rôle significatif.

Les différentes interventions ont ainsi convergé pour revendiquer une plus grande reconnaissance du secteur mutualiste en tant qu’acteur de l’avenir de l’Europe. De la lutte contre le changement climatique aux soins de santé, à la protection sociale, au vieillissement, à la cohésion ou à l’autonomie stratégique, le mutualisme européen demande à participer non seulement au débat sur les priorités de l’Union, mais aussi à leur mise en œuvre, en apportant un modèle fondé sur la solidarité, la proximité et l’engagement à long terme.

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