Social Economy Europe (SEE) et l’Intergroupe du Parlement européen sur l’économie sociale et les services d’intérêt général se sont réunis à Bruxelles à l’occasion de l’événement de haut niveau « Le cadre financier pluriannuel et l’économie sociale », où des représentants de la Commission européenne, du Parlement européen, des gouvernements nationaux et des organisations de l’économie sociale ont débattu de la manière dont le futur budget de l’Union européenne peut contribuer à construire une Europe plus compétitive, plus résiliente et plus inclusive.
Le président de Social Economy Europe, Juan Antonio Pedreño, a souligné que le débat sur le nouveau budget européen va bien au-delà de la répartition des financements, affirmant qu’« il s’agit davantage de valeurs que de chiffres ».
Juan Antonio Pedreño a averti que l’Union européenne est confrontée à des défis tels que l’autonomie stratégique, les transitions écologique et numérique, la perte de compétitivité et l’aggravation des inégalités, et a soutenu que l’économie sociale constitue une réponse efficace à ces enjeux. « L’économie sociale ne demande pas à être protégée ; elle propose une solution pour rendre l’Europe plus compétitive, plus résiliente et plus cohésive », a-t-il déclaré.
Dans le même esprit, la vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Roxana Mînzatu, a souligné que l’Europe a besoin d’une économie innovante et inclusive, rappelant que 75 % des citoyens européens considèrent l’économie sociale comme essentielle au bien-être de leur pays, selon l’Eurobaromètre spécial sur l’économie sociale réalisé par Eurostat. De son côté, la députée européenne Maravillas Abadía a défendu l’idée que ce modèle entrepreneurial doit occuper une place clairement définie dans le prochain budget de l’Union ainsi que dans les futures politiques européennes.
Trois priorités pour le CFP
À cette occasion, Social Economy Europe a présenté trois priorités pour le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) : préserver un Fonds social européen fort et autonome ; garantir la reconnaissance explicite de l’économie sociale tant dans le Fonds social européen que dans le futur Fonds européen pour la compétitivité ; et créer un volet spécifique au sein d’InvestEU consacré à l’investissement social et au renforcement des capacités, avec la participation des institutions financières de l’économie sociale.
L’un des principaux sujets de discussion a porté sur la proposition de la Commission européenne visant à simplifier l’architecture budgétaire en intégrant différents fonds dans un cadre unique. Les représentants du secteur ont averti qu’un tel modèle pourrait réduire la visibilité des politiques sociales, limiter la participation des autorités régionales et locales et rendre plus difficile l’adaptation des investissements aux besoins spécifiques de chaque territoire.
Dans ce contexte, Juan Antonio Pedreño a affirmé que l’Europe « ne peut pas financer sa sécurité en affaiblissant sa cohésion sociale » et a averti que limiter l’économie sociale aux seules politiques d’inclusion constituerait « une erreur stratégique », ce modèle entrepreneurial étant également un moteur de compétitivité et de développement pour l’économie européenne.
La nécessité d’instruments de financement spécifiques
Pour sa part, la secrétaire d’État espagnole à l’Économie sociale, Amparo Merino, a plaidé pour la mise en place d’instruments de soutien spécifiques au secteur, tandis que la députée européenne Isabel Benjumea a exprimé son inquiétude face à une proposition budgétaire qui, selon elle, risque d’affaiblir des politiques ayant contribué pendant des décennies à réduire les inégalités entre les régions.
Parmi les autres intervenants figuraient Irene Tinagli (députée européenne et coprésidente de l’Intergroupe), Beatriz Sanz Redrado (directrice générale adjointe de la Direction générale du budget – DG BUDG de la Commission européenne) et Alejandro Blanco Fernández (Cour des comptes européenne).
L’événement a également réuni des représentants de l’écosystème de l’économie sociale, parmi lesquels Baptiste Vasseur (Réseau européen des entreprises d’insertion – ENSIE), Valentina Patetta (Fédération européenne des banques éthiques et alternatives – FEBEA), Irene Bertana (Association européenne des prestataires de services pour les personnes en situation de handicap – EASPD) et Pascale Zoetaert (ConcertES, plateforme de l’économie sociale en Belgique francophone), qui ont apporté un éclairage technique sur la manière dont les futurs instruments de financement de l’Union européenne peuvent mieux soutenir l’économie sociale et, ce faisant, les valeurs de l’Union européenne ainsi qu’une économie répondant aux besoins des personnes et des territoires.






