La cérémonie marquant le 125e anniversaire des coopératives étudiantes en Pologne s’est déroulée le 28 avril à Wadowice, la région qui compte le plus grand nombre de coopératives étudiantes actives en Pologne. Selon le Conseil national des coopératives de Pologne, on estime à environ 800 le nombre de coopératives étudiantes en activité dans le pays.
Les coopératives étudiantes incarnent des valeurs coopératives essentielles telles que la démocratie, la solidarité, la responsabilité et l’entraide, démontrant ainsi que ces principes ne sont pas réservés à la vie adulte ou au monde des affaires, mais qu’ils peuvent et doivent être cultivés dès le plus jeune âge.
Elles offrent une expérience éducative qui va au-delà de l’apprentissage théorique, en donnant aux élèves des occasions concrètes de gérer de véritables initiatives, telles que la gestion d’une boutique scolaire, l’organisation d’événements ou la conduite de projets communautaires. Grâce à ces activités, les élèves développent des compétences essentielles telles que la prise de décision, le travail d’équipe, la communication et la responsabilité.
Cette approche reflète étroitement la philosophie de l’éducateur polonais Janusz Korczak, qui estimait que les jeunes devaient être des participants actifs de la société plutôt que des récepteurs passifs de connaissances. Les coopératives d’élèves donnent vie à cette vision en renforçant la confiance des élèves et en leur montrant que leurs actions peuvent avoir un impact concret.
Une histoire de communauté
En 1900, dans le petit village de Pszczelin, près de Varsovie, la première coopérative a été fondée par l’éducatrice Jadwiga Dziubińska, sur la base d’un esprit communautaire entre les élèves, de l’apprentissage par la pratique et de l’entraide. Plus d’un siècle plus tard, cette idée est toujours bien vivante dans de nombreuses écoles.
Derrière chaque coopérative étudiante se cache un réseau d’individus et d’institutions au sein duquel les enseignants jouent un rôle crucial en tant que superviseurs et mentors, guidant les élèves tout en leur laissant l’autonomie nécessaire pour diriger.
Des organisations telles que la Fondation pour le développement des coopératives étudiantes ont joué un rôle déterminant dans le soutien et la promotion de ce modèle depuis des décennies, en fournissant des formations, des ressources et en assurant la coordination.
Cet écosystème de soutien met en évidence le fait que c’est la coopération elle-même qui permet aux coopératives d’étudiants de prospérer – un effort commun impliquant les éducateurs, les institutions, les décideurs politiques et le mouvement coopératif dans son ensemble.
Cependant, pour étendre l’impact des coopératives d’étudiants, il faut la participation d’un plus grand nombre d’écoles, un investissement accru dans la formation des enseignants et les ressources, une forte intégration de l’éducation coopérative dans les systèmes éducatifs nationaux, ainsi que l’engagement continu du mouvement coopératif en faveur de l’autonomisation des jeunes.
Parmi les personnalités qui se sont jointes aux célébrations figure Monica Fantini, présidente de la CECOP (Confédération européenne des coopératives industrielles et de services), qui a souligné que les coopératives étudiantes « démontrent que les jeunes, en travaillant ensemble, peuvent apprendre, s’épanouir et apporter des changements positifs ».






