Copa et Cogeca ont lancé un nouvel appel aux chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne afin qu’ils renforcent le secteur agricole et de l’élevage européen dans le cadre des négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) et la politique agricole commune (PAC). Cette demande figure dans la Déclaration de Stockholm, adoptée en octobre 2026 lors du 12e Congrès des organisations. Celui-ci avertit que les décisions budgétaires actuelles conditionneront la capacité de l’Europe à garantir sa sécurité alimentaire, sa compétitivité et sa résilience.
La Déclaration de Stockholm invite les dirigeants de l’UE à maintenir le financement agricole, à préserver le caractère commun de la politique agricole commune et à renforcer le rôle stratégique des agriculteurs, des éleveurs et des coopératives.
Le document présente l’agriculture, l’élevage et les coopératives agricoles comme des atouts stratégiques, tant pour leur contribution à l’approvisionnement en aliments de qualité à des prix abordables que pour leur rôle dans la création d’emplois et le maintien de communautés rurales dynamiques. Il souligne également leur contribution à la sécurité, à l’autonomie stratégique et à la réponse européenne face aux crises climatiques et géopolitiques.
La déclaration alerte également sur la diminution continue du nombre d’exploitations agricoles, l’augmentation des coûts de production, la volatilité des marchés, la concurrence déloyale et les difficultés croissantes à garantir des revenus décents et à réaliser des investissements à long terme.
L’avenir agricole européen
Copa et Cogeca articulent leur proposition autour de six grands axes d’action, dont le premier consiste à reconnaître l’agriculture comme un pilier de la sécurité et de la défense européennes.
Le deuxième préconise de maintenir le budget de la PAC au moins à son niveau actuel et de l’ajuster à l’inflation, en garantissant des ressources protégées et suffisantes pour atteindre ses objectifs.
Troisièmement, les organisations défendent la préservation du caractère véritablement commun de la politique agricole, qu’elles considèrent comme essentiel pour garantir des conditions équitables entre les producteurs et protéger l’intégrité du marché unique. Elles avertissent également que le modèle de gouvernance budgétaire proposé pourrait accentuer la concurrence entre les États membres pour l’accès aux ressources disponibles.
La quatrième priorité consiste à renforcer la compétitivité de la chaîne agroalimentaire et à faciliter les investissements dans l’innovation, la numérisation, l’intelligence artificielle, la gestion de l’eau, la décarbonation et les infrastructures. Dans ce domaine, le Fonds européen pour la compétitivité pourrait contribuer au financement de projets, à condition de compléter une PAC dotée de ressources suffisantes.
Les cinquième et sixième priorités concernent l’adaptation de la politique agricole à la diversité des exploitations et une simplification de ses exigences administratives. Elles demandent également la garantie d’une stabilité réglementaire et financière afin de stimuler l’investissement, la production et le renouvellement générationnel.
Le modèle européen
La déclaration rappelle que le secteur agroalimentaire européen génère plus de mille milliards d’euros de valeur ajoutée brute, selon les chiffres qu’elle présente.
Elle souligne également que les agriculteurs et les coopératives ont contribué au maintien de l’approvisionnement alimentaire pendant les crises récentes et à la dynamisation des économies rurales.
Par cet appel, Copa et Cogeca souhaitent que les décisions relatives au futur budget européen n’affaiblissent pas la PAC, mais consolident son financement et son rôle stratégique dans la construction d’une Europe plus sûre, plus compétitive et davantage résiliente.






