La Commission européenne a publié l’évaluation à mi-parcours du Plan d’action pour l’économie sociale (SEAP), adopté en décembre 2021, confirmant des avancées significatives dans sa mise en œuvre et définissant de nouvelles priorités pour renforcer le secteur d’ici à 2030. L’évaluation conclut que le Plan a permis d’insuffler une nouvelle dynamique à l’économie sociale européenne, en offrant un cadre politique cohérent, en mobilisant des financements et en renforçant sa visibilité tant au niveau national qu’européen.
Comme l’a rappelé la commissaire Roxana Mînzatu, vice-présidente exécutive chargée des droits sociaux, des compétences et des emplois de qualité, l’économie sociale dans l’Union européenne regroupe aujourd’hui plus de 4,3 millions d’organisations, représentant environ 11,5 millions d’emplois et jouant un rôle clé dans des domaines tels que l’inclusion sociale, le logement abordable ou encore les services de soins.
Principales avancées
Parmi les principaux résultats obtenus depuis 2021, la Commission souligne que 21 États membres ont adopté ou sont en train de préparer des stratégies nationales pour l’économie sociale. Plus de 1,62 milliard d’euros de financements européens ont été mobilisés, ainsi que d’importantes garanties via InvestEU. La majorité des actions prévues dans le Plan initial sont désormais achevées ou en cours de mise en œuvre.
En outre, des initiatives telles que le portail européen de l’économie sociale ou la recommandation du Conseil relative aux conditions-cadres ont contribué à renforcer la reconnaissance politique du secteur dans les différents États membres.
Défis persistants
Malgré ces avancées, l’évaluation met en évidence des obstacles persistants, notamment un accès inégal au financement, aux marchés et au soutien institutionnel, ainsi qu’un manque de données statistiques comparables entre les pays.
Elle souligne également un potentiel encore inexploité aux niveaux régional et local, où l’économie sociale pourrait jouer un rôle plus important dans le développement territorial et rural.
Priorités pour la prochaine phase
Pour la période 2026-2030, la Commission propose de renforcer le Plan à travers une agenda renouvelé articulé autour de trois grandes priorités : améliorer les cadres réglementaires et politiques, notamment en matière d’aides d’État et de marchés publics ; stimuler l’investissement, les compétences et l’entrepreneuriat en facilitant l’accès au financement et le développement des talents ; et renforcer la visibilité et la connaissance du secteur grâce à de meilleures statistiques et outils d’analyse.
Ces priorités se déclinent en plusieurs axes d’action, dont le renforcement de la gouvernance multiniveau, le développement d’outils pour les autorités locales et la création d’un environnement plus favorable à l’investissement social.
Vers une économie sociale plus compétitive et reconnue
La Commission européenne souligne que, dans un contexte de transformation industrielle, de défis géopolitiques et de pressions sociales croissantes, l’économie sociale s’impose comme un moteur de résilience, d’inclusion et de compétitivité.
Toutefois, le succès final du Plan d’action dépendra du renforcement de sa mise en œuvre sur le terrain, de l’amélioration de l’accès aux ressources et de sa pleine intégration dans les politiques européennes.
Avec cette évaluation à mi-parcours, l’Union européenne franchit une nouvelle étape pour faire de l’économie sociale un pilier stratégique de son modèle économique et social à l’horizon 2030.





