ESS France a adopté le 26 mai dernier deux résolutions importantes lors de sa dernière Assemblée Générale, dans le cadre de sa stratégie de positionnement public sur des enjeux sociaux et démocratiques centraux pour le secteur de l’économie sociale et solidaire en France. Les deux positions adoptées portent, d’une part, sur l’opposition au concept de « préférence nationale » dans le débat politique français, et d’autre part sur le renforcement de l’engagement de l’ESS face aux violences sexistes et sexuelles.
Rejet de la « préférence nationale »
Dans sa première résolution, ESS France exprime sa préoccupation face à la radicalisation du débat politique autour de la notion de « préférence nationale », un principe qui impliquerait de réserver certains droits sociaux, économiques ou politiques aux citoyens français au détriment des personnes étrangères.
L’organisation considère que ce concept est incompatible avec les valeurs fondatrices de l’économie sociale et solidaire, fondées sur l’égalité, la solidarité et la dignité humaine. Son application constituerait en outre une rupture avec des principes essentiels de la République française et pourrait conduire à des formes de discrimination légale à l’encontre de personnes étrangères en situation régulière.
ESS France avertit également que sa mise en œuvre affecterait directement les organisations de l’ESS, en compromettant leur principe d’accueil inconditionnel et leur fonctionnement basé sur l’égalité d’accès aux droits et aux services.
L’organisation a annoncé son intention d’alerter l’ensemble du secteur et d’intervenir dans le débat public afin de s’opposer à toute avancée de cette idée dans la législation française.
Lutte contre les violences sexistes et sexuelles
La deuxième résolution adopte une position ferme face aux violences sexistes et sexuelles, considérées comme un phénomène structurel et non isolé au sein de la société contemporaine. ESS France souligne que ces violences affectent profondément les victimes, mais également le fonctionnement des organisations, en détériorant le bien-être, la confiance interne et la performance collective.
Le texte dénonce également l’influence de discours masculinistes et antiféministes qui contribuent à fragiliser les avancées en matière d’égalité de genre et de droits des femmes et des personnes LGBTIQ+.
En réponse, l’organisation s’engage à participer à l’élaboration de protocoles de prévention et de traitement de ces violences, à renforcer l’accompagnement des victimes, à collaborer avec des associations féministes spécialisées et à intégrer cette lutte dans les bonnes pratiques du secteur de l’ESS.
Un positionnement politique renforcé de l’économie sociale et solidaire
Avec ces deux résolutions, ESS France renforce son rôle d’acteur institutionnel du débat public en France, au-delà de la simple représentation du secteur de l’économie sociale et solidaire.
L’organisation entend se positionner face aux grands défis démocratiques et sociaux contemporains, en défendant un modèle fondé sur l’égalité des droits, la cohésion sociale et la lutte contre toutes les formes de discrimination.






