L’Association internationale de la mutualité (AIM) a averti, à la suite de la publication de son dernier rapport, que l’Europe pourrait économiser jusqu’à 27 milliards d’euros par an sur les nouveaux médicaments si les prix étaient mieux alignés sur les coûts réels et la valeur thérapeutique, selon une nouvelle étude utilisant le Modèle de prix justes de l’AIM.
L’étude, publiée dans PharmacoEconomics, révèle que l’application de prix justes à dix médicaments sélectionnés aurait permis de réduire les dépenses de 73 % dans les pays participants : la Belgique, l’Estonie, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Slovénie et la Suisse. Ces médicaments couvrent des traitements en oncologie, maladies rares et affections chroniques.
Les résultats montrent que les prix payés par les systèmes de santé sont largement déconnectés des coûts réels de mise sur le marché des médicaments, ainsi que de leur valeur thérapeutique, et apparaissent donc excessifs. Des écarts de prix encore plus importants ont été observés pour les médicaments contre le cancer.
Calculateur de prix justes
L’AIM a développé un outil transparent, le Calculateur de prix justes, qui permet de déterminer un prix abordable pour les systèmes de santé et les patients, tout en garantissant des incitations suffisantes pour que les entreprises pharmaceutiques investissent dans l’innovation et la production. Le modèle prend en compte les coûts de recherche et développement, les coûts de production, les coûts de commercialisation et d’information médicale, une marge bénéficiaire raisonnable et, lorsque cela est justifié, une prime à l’innovation liée à la valeur thérapeutique ajoutée. L’analyse de base repose sur un coût forfaitaire de R&D de 800 millions d’euros par médicament.
Un changement de paradigme
L’AIM estime que cette situation de prix excessifs ne peut plus être traitée comme à l’accoutumée. « Lorsque les prix des médicaments sont fixés à des niveaux qui ne peuvent être justifiés ni par les coûts sous-jacents ni par la valeur en santé publique, les gouvernements et les autorités publiques doivent être prêts à les contester plus fermement. » À ce titre, elle appelle à un renforcement de la capacité de négociation publique et à des approches de fixation des prix qui reflètent mieux à la fois la valeur thérapeutique et les coûts réels d’investissement.
L’étude montre que le Modèle de prix justes peut renforcer la position de négociation des acheteurs et soutenir les discussions sur les prix et les remboursements. L’AIM souligne que ce modèle est déjà utilisé par les assureurs de santé néerlandais dans leurs négociations avec les entreprises pharmaceutiques sur les prix des médicaments.





