L’Université coopérative de Moshi (MoCU), université de premier plan créée par le mouvement coopératif en Tanzanie, a accueilli les 11 et 12 février derniers le Ve Forum international sur le droit coopératif de l’ACI. Cet événement a réuni, pour la première fois en Afrique, une communauté internationale de juristes universitaires, de responsables politiques et de professionnels du secteur coopératif, en présentiel et en ligne, qui ont examiné le rôle évolutif du droit coopératif à travers des débats pléniers, des présentations thématiques et des sessions parallèles.
L’événement a été organisé conjointement par la MoCU, l’Association coopérative Ius et l’Alliance coopérative internationale (ACI) par l’intermédiaire de son Comité mondial de droit coopératif, sous le thème « Droit coopératif et développement durable : passé, présent et avenir ». Il a été dirigé par Alphonce Mbuya et Mathias Nkuhi, docteurs de la MoCU, en collaboration avec des membres des réseaux juridiques mondiaux et régionaux de l’ACI, dont le professeur Hagen Henry, président du Comité de droit coopératif de l’ACI.
Le professeur Alfred Sife, vice-recteur de l’Université coopérative de Moshi, a assuré l’ouverture du Forum aux côtés du professeur Hagen Henrÿ.
Le forum a réuni des figures majeures du mouvement coopératif international, dont Rose Karimi, directrice régionale de l’Alliance coopérative internationale en Afrique, qui a mis en avant plusieurs initiatives clés en cours sur le continent, notamment le développement d’un cours régional en droit coopératif, la deuxième phase de l’Accord-cadre de partenariat financier (PPAFPA) et la prochaine publication sur les principes africains du droit coopératif.
Jeroen Douglas, directeur général de l’ACI, et Santosh Kumar, directeur de la législation, sont également intervenus. Ce dernier a analysé les implications pour les coopératives de l’avis consultatif sur le climat rendu par la Cour internationale de justice en juillet 2025.
Lors de la deuxième journée, Ifigeneia Douvitsa a examiné la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne en matière de coopératives. De son côté, María Amparo Grau Ruiz, de l’Université Complutense de Madrid, a remis en question la faible présence des coopératives dans les débats sur la fiscalité internationale, malgré leur importance économique et sociale.
Les sessions ont également abordé des questions émergentes telles que l’égalité de genre dans la législation coopérative, le rôle des coopératives dirigées par des femmes dans la résilience climatique, la participation des jeunes et les cadres juridiques dans des pays comme le Bénin.
Le Forum s’est achevé par les réflexions du Comité de droit coopératif de l’ACI, qui a identifié des priorités pour renforcer ces cadres juridiques à l’échelle mondiale. Lors de la clôture, Hagen Henrÿ a défendu le rôle des coopératives comme instruments clés pour promouvoir le droit humain au développement durable, ainsi que la nécessité de cadres législatifs nationaux et internationaux adaptés et favorables à l’entrepreneuriat coopératif.





